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Actualité Grand Sud Hautes-Pyrénées Bagnères-de-Bigorre

Publié le 29/10/2017 à 03:54

«Jaizquibel, villa de guerre» une saga d'un boulimique de vie

 

Couverture livre pour blog

 

Le peintre Jacques Brianti vient de faire paraître son autobiographie. On apprend beaucoup sur l'homme et sur l'artiste. Il relate ses origines — un père italien, une mère de souche espagnole — sa petite enfance marquée par la guerre, ses débuts dans le métier, ses maîtres, ses engagements politiques, sa fonction d'élu, ses voyages, ses rencontres, ses expositions… De menus détails éclairent des pans entiers de son parcours artistique, traversé, entre autres, par l'obsession des frontières et du corps humain, voulu comme un alphabet pour conter le monde. Son itinéraire est jalonné de repères historiques qui ont sens pour lui, mais parlent aussi à ceux de sa génération. Il se prononce également, non sans humour, sur le fonctionnement des institutions culturelles, depuis cinquante ans. Illustré à chaque page de dessins, de photos ou de documents, l'ouvrage est une traversée pleine de méandres. Ça tangue, ça tourne, ça vacille, ça excède de toute part. Mais Jacques Brianti ne lâche jamais la barre, sur plus de 200 pages. C'est comme s'il filmait, caméra à l'épaule, le cours de sa vie tumultueuse, tributaire des aspérités du chemin, des pauses forcées, des moments fortuits et prometteurs, des surgissements inopinés, des échecs, des chagrins et des espoirs. Ce n'est pas une monographie bien calée dans une chronologie, mais une histoire de vie dense, dite avec fulgurance, de peur que ces instants ne s'effacent. C'est à lire comme un carnet de route écrit par l'artiste, «comme il dessine, à main levée, d'un trait et sans reprises».

Bref, le «vivre combatif» de Jacques Brianti innerve tout l'ouvrage et l'on a plaisir à suivre cette saga d'un boulimique de vie.

Présentation de l'ouvrage par son éditeur Marie-Pierre Vieu et par Diego Arrabal, auteur de l'avant-propos, le jeudi 2 novembre prochain, à 18 h 30, au Melting Potes, 7, avenue de la Marne, à Tarbes.

Jacques Brianti, « Jaizquibel, villa de guerre, récits autobiographiques croisés » (préface de Robert Guédiguian), éditions Arcanes 17, Tarbes, 23 €.

Roseline Giusti