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Prise de parole, avec un souci de mesure !

artistes en camps, et autres faits....

/ Partiel de l'exposition: « Logeons, longeons les frontières »,/« en passages » , Maison de la Montagne à Pau 

Septembre/ Octobre /Novembre 201..Évoquer les passages pyrénéens a été en amont, ma principale préoccupation, j'en connaissais physiquement certains, d'autres racontés, principalement par bon nombre de républicains espagnols.La célèbre compagnie du soleil aux «coustous» à Bagnères de Bigorre. et dans d'autres lieux.Et quelques passeurs, principalement des aidants !, et des faits de résistants bien sûr.

C'est cela aussi l'appartenance à un territoire, se nourrir des histoires des autres. N'ayant pas opté pour une vision touristique, je m'en exprime dans un ouvrage autobiographique récemment paru: Jaizquibel, Villa de guerre, édit. Arcane 17, préface Robert Guediguian mars 2017). Mais très vite j'ai voulu me rapprocher de ces artistes, ceux qui, par contrainte ont du se faufiler dans les grandes cohortes anonymes. Les nombreuses lectures, aidé en cela par Sylvio,( mon fils, décédé), nous, il avait inventorié, listé ces passants particuliers. Pari, parti pris singulier certes, mais qui au fil du temps s'est avéré nourrissant! Il n'était pas question de préciser un parcours physique, voir l'évocation de Max Ernst. Un peu de fiction parfois... Il n'est pas passé par la Brêche! Laquelle m’intéresse présentement, au seul motif que j'ambitionne de me saisir de «l'Orlando furioso» de l'Arioste! Mais actuellement je suis en panne. Il y a eu le livre de Varian Fry,/«livrer sur demande», éd.Agone. révélateur de plein d'itinéraires, acteur incontournable, sa présence bien sûr en son Q.G. à Marseille, à Banyuls sur Mer. Et dans cette zone, l'aventureuse Dina Vierny.../voir l'histoire de ma vie racontée à Alain Jaubert (gallimard.En 1940/42.«la dame en rouge», peinte par Maillol, et tant de fois sculptée, aidant les franchissements...à ses risques.! Et cette photo de Duchamp debout, à la proue d'un navire quittant Marseille. L'aventure du «camp des « Milles» et son train fantôme. !..,

s'agissant de GURS, j'ai découvert la riche activité artistique qui régna dansce camp, ( notamment lecture des livres de Claude Laharie, éditions Atlantica/ Ce fut une révélation dont le mystère s'est épaissi à la lecture du récit de vie de Charlotte Salomon. C'est cette histoire qui fit lien et m'amen à l'inscrire dans cette exposition thématique».

Enfin il y a eu cette salle mise en place, lors de la première de cet opus: «Logeons, longeons les frontière », dans les Htes-Pyrénées. Exposition à tiroirs multiples. Et ce récit de dernière heure où, répondant à cette question posée dans ce temps d'après guerre. C'est à dire mes 7/8/9 ans,(?) puisque ce fut mon temps :«Maman c'est quoi les camps?», j'obtins réponse sans détour, cela n'a pas suffit à éteindre cette soif inquiète de savoir. La question me tarauda sans cesse, il me fallait dire, exprimer ce ressenti, liane fournie de lierre enveloppant, fortement accroché à ma personne. Et je fis acte créatif pour picturalement traiter ces histoires croisées, la semaine qui précéda l'inauguration en l'abbaye de l'Escaladieu. 4/5 nuits suffirent pour renverser, modifier la table d matière, et de rajouter cette série...Urgence ! Souci de ne pas céder. Toujours aussi en filigrane revendiquant les arts plastiques comme médiums encore possibles, passeurs, raconteurs, évocateurs de notre humanité, et ses affres, mais pas.que. N'en déplaisent à ces «cliveurs» de circonstance. Ne pas céder.

C'était dans les années 1985/90 vers Ordizan, mes promenades «post-ennui cardiaque», je m'imposais ce soi disant relax, que l'on nomme «petite promenade», thérapie convenue. Les parcours étaient bien dosés, diversifiés.Il y en avait un qui m'obligeait à de drôles de constats. Ces marches m'ont révélé que je ne trouverais pas le calme qui m'était promis, comme on me l'avait annoncé. Oui, certes il y avait du plaisir. En fait cette dé/marche pour moi fut un bon laboratoire. J'ai souvent évoqué l'atelier mental/confronté. à l'atelier physique. Il y a eu un film réalisé sur ce thème...C'est bien à partir de l'évocation de cette dualité, que se déclenche certaines de mes créations ! La déambule dans les bois autant que celle de nature urbaine que je pratique tout autant.

Un petit parcours que j'affectionnais, fut cette voie ferrée, enrouillée, ces rails en fausse pénétrante du massif. IL y a beaucoup de rails en impasse en fonds de nos vallées! Manque de passages ? Allons donc! nous savons bien qu'avant les autoroutes et les grands flux touristiques qu'elles génèrent...les versants communiquaient bien plus qu'à présent! Où est donc le tunnel pour la traversée en confort promis? Compromis ou Voie désaffectée vieillissante? J'aimais ces quelques centaines de mètres exécutées en sautillant d'une traverse à l'autre. C'était bon pour le tempo. En mai il y avait des violettes en grand tapis. Je faisais des photos, le smartphone n'existait pas. Je nommais ces parcours, «lignes de crêtes, lignes de cœurs». Ces fragments de rails m'amenaient furtivement à une pensée. En effet comment ne pas évoquer les entrées de cette monstruosité révélée/ les camps de la mort, répertoriés. Avec des variantes, mais d'égale horreur. Gurs, /le camp de Milles/ et l'histoire du train fantôme,/et les traces laissés par tous ces artistes encagés, créateurs nés, ou le devenant par nécessité de devoir résister. Avec toute la valeur du « résister c'est créer, créer c'est résister ».

Gurs J'ai connu assez tôt l'existence de ce camp, que beaucoup aurait voulu cacher. Aussi cette récente découverte de la vie de cette  «gouacheuse» talentueuse et émouvante artiste juive allemande, qui résida dans ce camp aux pieds des Pyrénées, ! Il y eu dans ce camp beaucoup d'emprisonnés qui créèrent, laissèrent des traces! Des monuments incertains, liés au caractère commémoratif des différentes communautés, des lavis, des dessins, des gravures, des sculptures, etc.

Charlotte Salomon, je n'ai pas approfondi, apparemment, elle, elle n'est pas cité, dans les artistes, les créatifs, elle séjourna pourtant des mois en ce camps, avec son père. Puis arriva en s'en extraire, et elle crut possible un retour apaisé, vers le S.E. N'était ce pas un acte suicidaire? J'interroge les historiens...Je n'en suis pas. IL faut du temps, nous le savons. mais est ce suffisant? Elle fut arrêtée (dénoncée) transférée, et mourut à Auschwitz. Ce parti pris de citer tous ces créatifs, captifs ou clandestins, franchiseurs des frontières, relève d'un arbitraire, comme l'est toute entame de création! Aujourd'hui cette artiste est mon lien, un lien pour « picturer». Ces moments de temps de vies. De tant de vies, qui restent douloureuses. Et ne pas oublier ces inhumanités qui rongent nos consciences! Ébloui par la découverte de cette œuvre ténue, inspirée, je voulais la signaler, modestement, la voir figurer dans ce «Logeons, longeons les frontière». Quoi de plus normal, en considérant qu'un camp a des limites, qu'il soit de Sibérie, et de tous les ailleurs dispersés dans notre planète.De nos jours aussi bien sûr ! Donc des lignes infranchissables, devenant des passages de mortelles frontières.

J'évoque aussi cette rencontre préparée par des amis à Mexico, avec Mario Orosco Rivera ( nom dur à assumer la-bas!), il fut candidat communiste à la députation. Soirée qui débuta mal, il n'avait guère envie de communiquer. Mes amis lui montrait des documents concernant mes pratiques. Subitement, il eut un geste, à la vue d'une photo évoquant une installation faite à Montauban à l'invitation de Félix Castan./ Il m'invita à aller dans ses ateliers, il travaillait sur le même thème, et avait prit la même image que moi, celle des enfants du ghetto de Varsovie, image symbole. Il m'offrit un dessin ( dessin qui intrigua un douanier à l'aéroport à mon retour). F. Castan mon ami, qui avait provoqué des artistes sur le thème de l'Inquisition,/:F.C., Vous savez ce philosophes d'Occitanien qui nous a dit, un jour, que « l'on n'est pas le produit d'un sol, on est le produit de l'action que l'on y mène».../ C'est de ce dessin qu'est né l'envie d'imaginer la maquette dédiée à des fins commémoratives du camp d'Auschwitz. Je m'en explique dans mon autobiographie...

D'évidence je viens de faire un, le récit des absents en cimaises en ce lieu ! La vingtaine d’œuvres montrées en cette Maison de la Montagne, prise sur un ensemble de plus de 200 œuvres, relèvent donc d'un parti pris qui m'a posé problème, comme il m'a posé problème pour l'exposition récente au Parlement européen de Strasbourg, et autant quand Amnisty International m'a interpellé pour me joindre à une de leurs initiatives ! Ces raccourcis m'obligent à m'expliquer.

Pour me rassurer, il me faut redire qu'une œuvre doit se suffire par elle même. Mais depuis plus de trente ans ces opus à caractère événementiel, que je mets en place, se nourrissent certes de peintures, installations, vidéos, etc. qui créent des ensembles scénographiés. / Pour sourire et tacler avec ironie, je vais désormais appeler ces grosses , grandes / expositions, à valeur décennale, (grandes parpar leur matérialité bien sûr !

Expositions qui ont tourné facilement en Europe, c'est plus compliqué en France. je vais les nommer désormais :INSTALLATIONS, pour enfin par la preuve, être considéré comme artiste contemporain. Allons sourions.. !C'est le gag de la soirée. Là n'est pas le problème. Je continue à tenter de trouver des lieux pour montrer l'ensemble. Je fus écouté par pas mal de Collectivités ! ( 5/6...) Il y eut même des engagements. Des promesses. Par la suite des rétractations spectaculaires. Le temps est venu des peurs, certes, mais aussi celui de l'impolitesse manifeste. On ne répond même plus aux courriers, L'évitement est de rigueur, art de vivre du moment. Des solides digues permettent de diluer le motif de refus, son objet, l'ouverture du dialogue, et protègent souvent ceux qui ont responsabilité de « programmateurs », et de ceux qui ont mission de faire vivre la diversité. Alors, oui, je tourne la page,je rejoues la partie, et me remet en quête de zones d’atterrissages potentiels, de cet opus dans sa globalité. Cela peut se faire. Cela s'appelle de l’entêtement. Moi je dis: de conviction tenace; de nécessité de faire vivre un exercice de tant d'heures de cogitations multiples.! Il y a des pistes. Je travaille pour cela! Mais n'ayez crainte, je suis dans les ateliers tous les matins, les ceux qu'on dit blêmes, et les ensoleillés bien sûr. Il en a encore. Faites le savoir

Jacques Brianti septembre 2018 !

...texte ...pas intégralement lu lors du vernissage, comme je l'avais prévu. Je m'étais imposé de m'en tenir à ce texte. En re découvrant mon accrochage, fait deux jours avant, il m'est venu un besoin impérieux d'une prise de parole ! Certes j'étais satisfait du choix des œuvres que j'avais opéré, j'avais essayé d'être en phase au mieux, avec les responsables du lieu. A leur invite, Il s'agissait des «passage ». J'avais répondu en amont d'une manière triviale, tentative osée de métaphore: « attention je ne franchis pas les passages avec mes brodequins, évitant d'écraser les edelweiss ! » Ils le savaient ! Bien sûr ! Mais une sourde colère avait surgi, ce soir là,-où est donc passé cette exposition originelle?. Etait-il juste de ma part de la saucissonner? Et patati etc. et Patatras !

IL merevint en mémoire, cette audition dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, lors de la session de l'été 2018...voir texte sur mon site...j'avais le sentiment de devoir me «radicaliser. Et tout en causant, je comprenais que cette exposition «logeons, longeons les frontière avait pour moi une valeur testamentaire, et que je ne pouvais pas la fracturer.

Je me posais problème.

Cela n'a rien réglé, mais m'a remis en situation d'exigence. Ce soir là,pas d'amertume, mauvaise manière pour exister encore ; suite aux contrats abandonnés, ces aléas coutumiers. Et si je donnais cet ensemble ? À réfléchir, ça urge ! J'assume ces « PARTIELS » , mais... ! Bien à vous

jacques B. On est le 04/10/18....... à suivre